C’était, ce 22 février, le premier championnat national de l’année. Cette discipline est peu courue du côté de la FRSO, les autorisations étant encore plus difficiles à obtenir que de jour. Il y a un peu plus d’épreuves organisées en Flandre.
Il y a aussi des bons spécialistes, à la vue perçante et équipé parfois de lampes rappelant un phare de camion…Quand vous voyez une batterie dans le dos du coureur, vous pouvez vous dire que c’est du lourd…attention cependant, il ne faut pas que le fil qui relie la batterie à la lampe se détache pendant la course… Rassurez-vous cependant, la plupart des protagonistes partent avec des lampes de secours.
Le terrain était mis à disposition par l’armée belge, Masy, près d’Houthalen. Un de nos privilèges, nous orienteurs, c’est de pouvoir évoluer sur de tels terrains, en principe interdits. Cette carte est généralement très blanche, ce qui fait que si vous perdez le fil, vous n’avez plus de repère…Il y aussi une zone avec des ruines impressionnantes, notamment de très hauts murs dont on ne soupçonne pas l’existence à la lecture de la carte, vraiment un terrain idéal pour un film fantastique !
Il règne toujours une ambiance très particulière au départ de ces courses de nuit. Ça reste prenant de se lancer seul dans la nuit. Forcément, on ne voit pas tout, on devine…
Un bon spécialiste, c’est Christian Stoffels (Balise 10, Masters B), récemment deux fois champion de Belgique et deux fois champion de France. ‘’J’aime bien’’, nous dit-il, ‘’c’est sympa, il faut être attentif, ne pas travailler comme de jour, revenir à des choix plus simple’’. Il était opposé, entre autres, à deux poids lourds belges et même mondiaux, Wiet Laenen et Bart Van de Moortel et il nous explique comment il s’y est pris pour ne pas gagner :
‘’Je me suis énervé au poste 5, j’avais pourtant d’abord privilégié les chemins, mais en m’enfonçant dans le bois je suis tombé sur un fossé sec qui était devenu une vraie rivière. Je me suis débattu avec Victor Brouwier (Herma, junior) pour trouver une issue, ça m’a énervé et je me suis fracassé sur le 6, un arbre en bordure d’autres arbres. Avec Freddy Sillien (Pégase, masters C), on a bien tourné. Le seul qui semblait comprendre le coin était Michel Bastin (Ardoc, masters A), qui nous a donné la direction. Après ça, je vais au 8 au lieu du 7. Un peu plus loin, Bart me rattrape. Il y a un fossé humide, qui s’est transformé en large rivière. Je vois Bart qui y va, j’y vais aussi, j’avais de l’eau jusqu’à la poitrine… Finalement je reprends 20’’ à Bart, mais ça ne suffisait pas, je suis 2ème ’’.
En fait, l’arbre en bordure d’autres arbres avait aussi piégé Michel Bastin : ‘’oui, c’est la seule faute que j’ai faite et en plus je fais une erreur volontaire pour être plus sûr, mais non, il fallait vraiment tenir tout le temps la ligne droite’’. Michel gagne avec 11’50’’ d’avance, ‘’mais’’ rappelle-t-il ‘’j’aurais eu un fameux challenger avec Tomas Hendrickx, qui a préféré s’aligner en élites (5ème). J’ai quand même la satisfaction d’avoir devancé les juniors que j’entraîne’’. En effet, Arnaud Mazy (C.O.Liège), 5ème en juniors, est à 36’’ de son coach…
‘’Non’’, nous dit Guido Lenges (Olve, masters B), ‘’moi je n’ai pas sauté dans l’eau, j’ai fait le tour’’. À ce moment il laisse 2’30’’ à Alain Mazy (C.O.Liège), mais comme ce dernier perd 4 ‘ à la balise 11, il l’emporte sur le trésorier de la fédération, deuxième.’’ Il fallait vraiment être précis sur les caps et les distances’’ conclut Guido.
Comme Maria Henkes (Ardoc, Masters B) a surclassé sa catégorie et que Véronique Bastin (Ardoc, Master A) termine deuxième, les orienteurs de l’Est nous ramènent 3 médailles d’or et 1 d’argent !
En tous cas, il y en a un, un certain Bruno Vandermeulen (C.O.Liège, Masters C), qui a bien tenu ses caps et ses distances. Il devance un triple champion du monde bien connu de 9’ et va chercher la médaille de bronze, ce qui, dans sa longue carrière pédestre, ne lui était jamais arrivé ! Le bronze revient aussi à Françoise Renard (C.O.Liège, Masters C), habituée de ce championnat.