« Prête pour la transfo ??? » Je brandis ma boussole et mon doigt.
« Prête ! » me lance Mélissa en déposant avec un peu trop de vigueur sa boussole sur la table et *paf* une bulle ! Et une boussole de moins ! « Je vais donc me charger seule des azimuts »
Il est temps de prendre le départ près de l’église : « reculez » « clear » « avancez » « check » 3, 2, 1 Gooooo.
On joue un peu des coudes pour obtenir une feuille de coordonnées. On s’installe où ? Là par terre !
*crac* je viens d’hériter d’une aération extra extra large. On se regarde avec des yeux ronds et ça part en fou-rire. Cette Transforestière s’annonce épique ! En 10 minutes on a pété une boussole et un pantalon.
Et c’est parti ! Après la retranscription des coordonnées on se lance à l’assaut des balises. La 1, la 2, la 3 … ça descend, ça grimpe, un petit pont pour éviter les pieds mouillés dès le début. La forêt est belle, on prend nos repères mais avec difficulté. La première partie de carte est auto générée par Lidar. « Sur le terrain ça ne change rien, vous ne verrez aucune différence ». Et nous voilà en train de crapahuter dans un tapis de fougères aigles d’un mètre de haut, là où on lisait une zone blanche … Faut croire que pour nous ça fait une différence. Tant pis, on continue, on favorise les chemins pour éviter la même blague, on court et on arrive vite dans la partie cartographiée sur le terrain, plaisir !
Une belle carte, quelques balises plus challengeantes, des changements de rythme, de techniques d’approche. On s’amuse et le plus dur quand on est deux à se marrer c’est de rester concentrée. Vite demi-tour la bifurcation était là ! « Cours, cours je vois le drapeau »
Le campement est encore vide. Une belle grande prairie. L’avantage de faire le parcours court, on a l’embarras du choix pour l’emplacement de la tente.
Oups il manque la moitié des sardines ! Heureusement qu’il n’y a pas d’orage de prévu … pas comme celui de l’année passée (souvenir et hommage aux tentes qui ont pris leur envol cette nuit-là).
Pour se laver, un petit seau de 5 litres d’eau bien froide. Un rafraîchissement très appréciable après avoir couru dans cette chaleur. Direction le bar pour prendre ses quartiers pour la soirée. L’occasion de papoter, faire des rencontres et déguster un voire plusieurs Orval.
Le BBQ arrive: pain saucisse accompagné d’une tomate entière.
« Ah la même tomate solitaire que l’année passée ! »
« Prenez une tomate ! »
Ils ont un truc avec les tomates ici. Faudra enquêter sur cette étrange coutume …
Ça discute à bâtons rompus, on refait la carte, le parcours, ça débriefe, on se challenge. On est 2e dame. Va-t-on conserver notre place ? Les 4e dames sont à 3 minutes des 3e dames. Et vous ? À 30 minutes ? Atteignable ou pas ? En orientation rien n’est jamais acquis.
Le lendemain matin, le soleil et la chaleur ont laissé la place à une pluie battante et ça ne va pas s’arranger. Le challenge du jour : réussir à noter les balises sur une carte détrempée. La carte est noyée et même le marqueur indélébile donne d’inquiétants signes de faiblesses. Vite, vite, terminer pour courir et se réchauffer.
Les balises s’enchaînent, on croise de moins en moins de monde. Se dépêcher mais surtout, surtout bien attendre et entendre le *bip* de chaque balise. Ma binôme est à fond dans la carte, on a les mêmes idées de parcours. Une regarde le relief, l’autre compte ses pas, azimuts, ligne d’arrêt, les balises filent, tout roule, on y croit … et puis … une mauvaise idée de cheminement, pas de point d’attaque clair. On se retrouve dans une zone verte, la balise est là, pas loin mais trop d’approximation. On va recommencer d’un autre point d’attaque ou on va perdre trop de temps. Ok ! On se retourne et la balise est là. Un pur coup de chance, finalement mon erreur ne nous coûte pas trop cher.
La pluie nous motive à arriver vite. Finish ! Classée. Ouf. Direction parking, se changer, mettre des vêtements secs.
On retourne à l’arrivée boire un verre, grignoter un sandwich. Même avec des vêtements secs et une veste on est transi de froid. Autour de la table on forme un groupe compact mais rien n’y fait. Heureusement les organisateurs avancent le podium du parcours court. Malheureusement la majorité des gagnants sont déjà partis. On n’est que deux à prendre la pose et une bouteille de Lupulus.
Trop froid, on file, un tout grand merci aux organisateurs, aux cartographes pour leur travail précieux (le Lidar ne vous arrive pas à la cheville) ! Merci à tous les bénévoles (de l’Asub, ndlr) et aussi à tous les participants pour cette super ambiance.
À bientôt 👋
Signé : les pouillots véloces (Anaïs et Melissa)
Anaïs Stas (Sud O Lux)