Bonjour Aline, comment es-tu venue à l’orientation ?
‘’J’ai découvert l’existence de ce sport à la fin de mes études à l’université de Liège grâce à la section course d’orientation de l’ULiège (qui existe toujours ndlr). Je m’y suis inscrite avec mon petit copain de l’époque, Alain, qui est devenu mon mari. Nous étions tous les deux sportifs, mais ne pratiquions pas le même sport. Lui faisait de la course à pied et moi du basket. L’orientation, pour ses aspects sport nature, lecture de carte et tactique, nous intéressait tous les deux et nous a permis de faire du sport ensemble.
J’avais un bon niveau physique grâce au basket. J’ai fait partie de l’équipe nationale junior de basket. Mais arrivée en catégorie senior, j’ai progressivement levé le pied, car il y avait trop de bousculades. Il fallait s’imposer, peser de tout son poids face à l’adversaire. J’étais donc contente de pratiquer un sport sans contact physique avec l’adversaire.’’
Et après ?
‘’Le moniteur, Bernard Franchimont, nous a suggéré de nous inscrire dans un club, le sien en l’occurrence, l’Ardoc. Nous y avons été très bien accueillis et cela nous a motivés à progresser. En 2001, comme j’avais une bonne condition physique et donc pas peur des km, je me suis inscrite à mon premier championnat de Belgique longue distance en élites … et j’ai terminé dernière. Je faisais encore de grosses fautes et beaucoup de km inutiles par manque de technique. Mais, en 2022, grâce à de nombreux entraînements techniques, j’ai progressé et j’ai remporté le titre! ’’

Comment expliquer une telle progression ?
‘’En 2001, à 27 ans, Alain et moi, nous nous sommes inscrits dans l’équipe Frso haut-niveau pour pouvoir progresser en participant aux entraînements et stages (Il n’y avait pas de critère de niveau technique pour participer aux stages). Il y avait une très chouette dynamique dans l’équipe et grâce aux nombreux entraînements et stages à l’étranger, mais aussi grâce aux conseils des coaches et autres orienteurs, nous avons rapidement progressé techniquement.
J’en profite pour remercier les coaches bénévoles de l’équipe et les élites de notre génération qui nous ont partagé sans modération leur enthousiasme et leur passion.’’
Ensuite, une carrière internationale…
‘’Puisque nous étions dans l’équipe haut-niveau, nous avons participé aux sélections pour les championnats et coupes du monde. En 2003, j’ai été sélectionnée pour mon 1ier championnat du monde en Suisse. Là-bas, je me suis qualifiée pour la finale A de la longue distance et ai terminé 43ème. En 2005, en coupe du monde, j’ai fait 30ème en sprint en Italie et 31ème en moyenne distance en Grande Bretagne. Je suis allée aux championnats du monde longue distance en Suède en 2004, mais je suis restée en finale B. J’ai aussi le souvenir d’une course ultra longue en départ de masse Suède en 2002. À l’époque, on testait ce format avec des barrières horaires. J’étais fière d’avoir pu terminer.’’
25 ans après, tu es toujours là, toujours en forme, comment l’expliquer ?
‘’Je n’ai plus la grande forme, j’ai la forme d’une dame de 50 ans ! Mais j’ai toujours la motivation pour la course d’orientation et le sport fait partie de mon équilibre de vie. Je fais du sport 3 ou 4 fois par semaine, compétition incluse. Je vais m’entraîner avec des traileurs pendant l’entraînement d’athlétisme de mes enfants et effectue régulièrement des entraînements fractionnés.
De plus l’orientation est une activité familiale, sociale et un objectif de vacances. On découvre en famille et avec des amis de nouveaux pays, de nouveaux paysages, de nouveaux terrains.
Ce qui me motive aussi, c’est de transmettre aux jeunes et aux débutants les plaisirs de ce sport nature et tactique.
L’ambiance entre les orienteurs est très bonne. Après une course, on discute beaucoup, on compare nos courses, peu importe le niveau de chacun. C’est plutôt rare dans d’autres sports.’’

Tu es maintenant au C.O.Liège ?
‘’Oui, quand Arnaud est né, il nous a semblé plus facile de s’impliquer dans un club plus proche de chez nous. Nous y avons aussi été très bien accueillis et j’ai même été présidente pendant 6 ans.’’
Qu’en as-tu retenu ?
‘’Un très chouette ambiance familiale, beaucoup d’énergie positive, plein de beaux projets, des supers stages et déplacements…. parfois aussi un peu de découragement, car c’est difficile de mobiliser les bénévoles à s’investir sur du long terme.
Je me suis aussi investie pendant plusieurs années au niveau de la Frso, comme membre du CA et comme monitrice pupilles, puis comme monitrice de l’équipe performance et maintenant comme membre de la commission des équipes belges.’’
Un conseil à donner à un orienteur confirmé ?
‘’Garder et partager votre passion vous en profiterez plus. Aller courir à l’étranger pour améliorer son orientation sur différents types de terrains.’’
Et à un débutant ?
‘’Ne pas brûler les étapes de difficultés techniques et prendre du plaisir ! ‘’
Tes meilleurs souvenirs ?
‘’Il y en a beaucoup !! Il y a bien sûr mes courses au niveau international, mais j’aime aussi beaucoup les relais pour l’ambiance d’équipe. Il y a toujours eu une très bonne ambiance, tant à l’Ardoc qu’au C.O.Liège.
J’ai aussi de très bon souvenirs de compétitions amicales à l’étranger, car c’est l’occasion de découvrir des nouveaux paysages de l’intérieur : les montagnes norvégiennes, les zones karstiques en Slovénie, …’’
Tu fais quoi dans la vie ?
‘’Je suis ingénieur physicienne de formation et chef de projet au Centre spatial de Liège, qui dépend de l’université de Liège. Nous développons et testons des satellites scientifiques qui vont observer la terre, le soleil, les planètes, les étoiles, …’’
Comment vois-tu l’avenir de l’orientation dans notre région ?
‘’L’orientation se développe maintenant fort grâce au activités locales, dont les vendredis CO à Liège. C’est super, mais je souhaiterais aussi que l’on puisse aussi améliorer l’initiation et le recrutement des jeunes et élargir le nombre de cartes disponibles pour pratiquer l’orientation en forêt.’’
Propos recueillis par André Pierlot