Clément vient de réussir, en trois saisons, un rare exploit : cumuler les trois titres de champion de Belgique dans les trois disciplines. Sprint à Gembloux en 2024, longue distance à Houthalen en 2025 et moyenne distance à Champlon-Famenne en 2026. À cela s’ajoute un titre en relais déjà conquis à Genk en 2019 avec Mathias Blaise et Tristan Bloemen pour compte de son club, le C.O.Liège .
Bonjour Clément, comment ça se fait que c’est maintenant, à 32 ans et après 17 saisons, que tu engranges les titres ?
‘’Il se fait que je cours moins en orientation, j’ai arrêté le haut niveau, j’ai beaucoup moins de stress et beaucoup plus de plaisir. Je ne me mets plus de pression et le résultat est là. J’ai aussi une bonne base physique, un bon fond et j’en tire les dividendes aujourd’hui’’.
J’imagine que tu as suivi ton papa Pierre-Emmanuel pour tes débuts ?
‘’Non, je faisais du handball et, avec mon équipe de Visé, on a même été champions de Belgique en 2008-2009, mais j’avais un peu fait le tour de la question. Finalement, je préfère les sports individuels et de plein air plutôt que rester dans des halls. C’est vrai, on a voyagé, par exemple en Hongrie, mais c’était toujours pour rester dans un hall. Je me suis dit que la course d’orientation, ça pouvait être mon truc et c’est plutôt moi qui ai relancé mon père et même mon grand-père (Jean-Marie, ndlr). J’ai commencé en 2010.’’
Y a-t-il des points communs entre ces deux sports ?
‘’Oui, on peut en trouver. Il y a la planification des entraînements et la discipline sportive. Il y a aussi la tactique : comment gérer l’imprévu, l’équipe adverse en handball, la faute en orientation.’’
Aujourd’hui, tu fais autre chose que de l’orientation ?
‘’Oui, je fais tout ce qui court. Courir, ça fait partie de moi. J’aime le trail et son rapport à la nature, la route pour la sensation de vitesse et le cross où l’effort est maximum. J’ai une licence d’athlétisme au C.S.Dyle, je m’entraîne parfois sur piste, sans y faire de compétitions. Je fais aussi du vélo de route et même de la marche. Mon meilleur temps sur 10 km sur route est de 32’ ; sur semi-marathon, j’ai fait 1h12 et je vais faire mon premier marathon ce dimanche (11 octobre ndlr) à Eindhoven.’’
Quel est ton rythme d’entraînement ?
‘’Je sors 6 fois par semaine, je fais deux fois de l’intervalle, le mercredi plus court, le samedi plus long : 5 X 2000 m ou 3 X 5000 m, je fais aussi une séance plus longue et des footings de récupération. Je varie les plaisirs : route, tartan, chemins de terre, sentiers de trail…Je vais reprendre aussi la musculation, donc ça fera 7 séances, mais le vendredi, je me donne congé.’’
Depuis que j’ai arrêté le haut niveau, c’est devenu un plaisir avant tout, je fais moins attention à comment je vis, à la planification, je varie les plaisirs.’’

Quel est ton meilleur souvenir ?
‘’C’est quand le plaisir est partagé, un raid avec ma copine, avec mon papa, de se retrouver entre proches dans une aréna.’’
Quelle est ta plus grande fierté ?
‘’C’est d’être toujours là après 17 saisons, ma longévité dans la discipline.’’
Un regret ?
‘’C’est de ne pas avoir pu exprimer mon plein potentiel en compétition internationale. Le stress me bloquait et je manquais de plaisir. J’ai fait le tour du haut niveau et aujourd’hui, j’ai tourné la page.’’
Ta principale qualité ?
‘’En tant que sportif, mon mental, je sais me faire mal. Ceci dit, je manque parfois de concentration. Souvent, si j’ai un tracas, je peux vite faire une faute.’’
Un conseil pour les courses de nuit ?
‘’Passer d’un élément à l’autre, bien utiliser sa boussole, prendre le temps, être plus proactif que réactif. Bon, je dis tout ça, mais, bien souvent, je ne l’applique pas…’’
Ta situation professionnelle ?
‘’Je suis professeur d’éducation physique, je donne aussi des cours de natation et je suis actuellement trois cours d’œnologie.’’
‘’Puisque tu en parles, il me reste le titre de champion de Belgique de nuit, mais les Flamands sont forts, ils ont beaucoup d’épreuves et puis, moi, en janvier et février, j’hiberne.
Non, mon vrai objectif, c’est de continuer à prendre du plaisir, continuer à avoir le meilleur équilibre possible entre vie sportive, familiale et affective.’’
Propos recueillis par André Pierlot